
Écouter l’épisode en podcast :SpotifyApple Podcasts
Par où commencer votre audit SEO ? (3 questions)
En bref
Un audit SEO se fait en trois piliers, technique, sémantique et autorité, plus un quatrième souvent oublié : le tracking. On vérifie d’abord que Google peut explorer et indexer le site, puis on compare ses mots-clés à ceux des concurrents, puis on analyse les backlinks. Le livrable n’est pas une liste d’erreurs sortie d’un outil, mais une roadmap priorisée : quoi faire cette semaine, ce mois-ci, ce trimestre. Chez SEO Monkey, un audit complet prend quatre semaines.
Résumer cet article avec :
On a vu passer des « audits SEO » vendus 1 500 € qui n’étaient qu’un export Semrush de 30 minutes. Un vrai audit, c’est au moins trois jours de travail complets, et une méthode. Celle de ce guide est celle qu’Antoine applique chez SEO Monkey et que Paul utilise en consulting, détaillée dans notre épisode de formation à l’audit, complétée par nos audits en direct de sites d’auditeurs et par l’épisode avec Kevin Richard (SEObserver) sur l’audit avec Claude Code.
🔍 Pourquoi faire un audit SEO (et ce que ça change vraiment)
Les 4 piliers d’un audit
| Pilier | La question | Outils principaux |
|---|---|---|
| Technique | Google peut-il explorer, indexer et afficher correctement mes pages ? | Search Console, Screaming Frog, PageSpeed Insights |
| Sémantique | Est-ce que je vise les bons mots-clés, avec les bonnes pages ? | Semrush, Ahrefs, Google Sheets |
| Autorité | Ai-je assez de liens, et les bons, face à mes concurrents ? | Majestic, Ahrefs |
| Tracking | Comment mesurer l’effet des actions ? | Suivi de position, Search Console, Looker Studio |
Combien de temps prend un audit SEO
Chez SEO Monkey, un audit se livre en quatre semaines : une semaine par pilier. La sémantique est livrée à la fin de la première semaine, la technique à la fin de la deuxième, et ainsi de suite, pour que le client puisse avancer sans attendre le rapport final. Paul compte au minimum trois jours complets de travail. Ce qu’on peut faire en direct pendant un rendez-vous commercial, c’est un pré-audit : montrer ce qui ne va pas, pas construire la stratégie.
Audit interne ou prestataire
Un audit fait soi-même avec cette méthode vaut mieux qu’un rapport automatique acheté. Un prestataire apporte surtout le recul, la priorisation et l’expérience de dizaines de sites. Méfiez-vous du rapport de 80 pages sans roadmap : c’est le signe qu’il a été généré, pas réfléchi.
🧰 Avant de commencer : objectifs, périmètre, accès
- L’objectif business : plus de leads, plus de ventes, plus de trafic sur une section ? L’audit ne regarde pas les mêmes pages selon la réponse.
- Le périmètre : site entier, une section (le blog, les catégories), ou une page qui a chuté.
- Les accès : Google Search Console, Google Analytics 4, le CMS, et si possible les logs serveur. Pour un e-commerce, ajoutez Google Merchant Center.
- Le point de départ : exportez dès maintenant clics, impressions et positions moyennes de la Search Console. Sans ce relevé, vous ne pourrez pas prouver l’effet de l’audit.
⚙️ Étape 1 : l’audit technique
Les contrôles manuels, avant tout outil
Paul commence toujours à la main, en cinq minutes. Le site est-il en HTTPS ? Les versions avec et sans www, avec et sans HTTPS, redirigent-elles toutes en 301 vers une seule version ? Le fichier robots.txt bloque-t-il quelque chose qu’il ne devrait pas ? Le sitemap XML existe-t-il, et est-il déclaré dans la Search Console ?
Le crawl
Ensuite, on crawle le site avec Screaming Frog, en le connectant aux API de PageSpeed Insights et de la Search Console pour croiser les données. On cherche :
- Les statuts HTTP : pages en 404, redirections en chaîne, liens internes cassés.
- Les balises : title, meta description et H1 manquants, dupliqués ou hors sujet. L’extension Chrome Detailed les affiche page par page.
- Les canonicals et les doublons : pages quasi identiques, paramètres d’URL, filtres et pagination mal gérés.
- Le maillage interne : pages orphelines, pages trop profondes, menu et footer.
Indexation, vitesse, données structurées
Le rapport d’indexation de la Search Console dit quelles pages Google a exclues, et pourquoi. Antoine ajoute un audit de webperf (PageSpeed Insights, GTmetrix, Core Web Vitals) et un audit UX : pour chaque intention de recherche, la page ressemble-t-elle à ce que Google affiche en premier ? Vérifiez enfin les données structurées avec le test des résultats enrichis de Google.
Trois ressources gratuites suffisent pour aller plus loin : la documentation Google Search Central, web.dev pour les Core Web Vitals, et le guide utilisateur de Screaming Frog.
Vous voulez le diagnostic technique sans passer une journée dans les exports ? ChatSEO, l’outil de Paul (partenaire du podcast), analyse l’indexation, les données structurées et les Core Web Vitals de votre site, croise avec votre Search Console, et vous rend une liste d’actions déjà priorisée.
🧠 Étape 2 : l’audit sémantique
Partir des concurrents
La méthode d’Antoine : benchmarker neuf concurrents, en garder trois, et extraire tous leurs mots-clés. Les trois retenus sont ceux qui ressemblent le plus à votre activité et qui performent. Sur Semrush ou Ahrefs, on exporte leurs mots-clés positionnés, on les regroupe par intention de recherche, et on en déduit les silos du site idéal.
Auditer l’existant
On confronte ensuite cette liste au site audité, en trois groupes :
- Déjà dans le top 3 : on surveille.
- Dans le top 10 ou en deuxième page : on met à jour la page existante. C’est là que sont les gains les plus rapides.
- Au-delà, ou absent : on crée une page.
Vérifier l’intention de recherche
Pendant l’audit en direct de Libox, un SaaS immobilier, on a vu que « simulateur rendement locatif » et « calcul rendement locatif » n’appellent pas la même page : l’un veut un outil, l’autre une explication. Une seule page qui vise les deux finit derrière sur les deux. Regardez toujours la SERP avant de décider quelle page vise quel mot-clé. Et attention à la cannibalisation : deux pages du site sur la même requête se gênent.
Pour aller plus loin sur cette étape, lisez notre guide de la recherche de mots-clés.
🔗 Étape 3 : l’audit netlinking
On compare son profil de liens à celui des concurrents, page par page. Dans Majestic, l’onglet des pages montre lesquelles reçoivent le plus de domaines référents. Sur Libox, la page « simulateur » avait 23 domaines référents, contre 122 pour la page du concurrent direct, et seuls 2 domaines utilisaient l’ancre « simulateur ». Le manque était évident.
Regardez aussi la qualité : sur l’audit en direct de Luxury Club, les liens vers les pages marques venaient surtout de PBN et de plateformes de vente de liens, ce qui laissait de la place pour de vrais articles invités. Chez SEO Monkey, l’audit d’autorité débouche sur trois bases de données (blogs, sites d’articles invités, sites qui ont déjà fait des liens aux concurrents) et une campagne de liens. Gardez en tête que le netlinking est la cerise sur le gâteau, après le contenu.
📊 Étape 4 : l’audit de la SERP
Pour chaque mot-clé prioritaire, regardez ce que Google affiche vraiment : un AI Overview, un pack local, des vidéos, des questions associées ? Une page qui vise une requête où l’AI Overview répond à tout n’aura pas le même trafic qu’avant. Comparez aussi votre page au top 3 : format, longueur, sous-sujets traités, et ce qu’elle a de plus que les autres. Sur Luxury Club, premier sur « location voiture de luxe », la méta description était réécrite par Google : un signal qu’elle ne répondait pas assez directement à l’intention.
📈 Étape 5 : mettre en place le tracking
Sans suivi de position, impossible de prouver qu’une action a marché. C’est la quatrième semaine de l’audit chez SEO Monkey. La Search Console donne une position moyenne, trop imprécise pour suivre des mots-clés business un par un : on branche un outil de suivi de position (MyPoseo, Semrush) sur la liste des requêtes prioritaires, et un tableau de bord Looker Studio pour le client.
🗺️ Étape 6 : prioriser et construire la roadmap
Un audit sans roadmap est un listing d’erreurs. Chaque constat devient une action, notée selon son impact et son effort :
| Effort faible | Effort fort | |
|---|---|---|
| Impact fort | À faire tout de suite (quick wins) | À planifier sur le trimestre |
| Impact faible | À faire au fil de l’eau | À oublier |
Pour les mots-clés à créer, Antoine priorise avec le KGR (Keyword Golden Ratio) : le nombre de résultats qui contiennent la requête exacte dans le title (la commande allintitle de Google) divisé par le volume de recherche mensuel. Plus le ratio est faible, moins la concurrence est sérieuse. Les pages à créer s’organisent ensuite en cocon sémantique, qu’il dessine sur XMind.
⚠️ Le piège du « tout refaire d’un coup »
Changer en même temps les URL, les titres et la structure de tout un site peut faire chuter le trafic pendant plusieurs semaines. Avancez par vagues, en mesurant l’effet de chaque vague avant la suivante.
🛠️ Étape 7 : les outils de l’audit SEO
Les outils gratuits
- Google Search Console : indexation, requêtes, Core Web Vitals, liens.
- PageSpeed Insights et le test des résultats enrichis de Google.
- Detailed et Wappalyzer, deux extensions Chrome pour le balisage et la technologie du site.
- Screaming Frog, gratuit jusqu’à 500 URL.
Notre liste complète est dans le guide des outils SEO gratuits.
Automatiser l’audit avec Claude Code
Demander à Claude « fais-moi un audit SEO » donne un mauvais audit. Kevin Richard, fondateur de SEObserver, l’a montré en direct sur lemlist.com : sans données ni méthode, Claude invente des problèmes et les priorise mal (corriger un H1 du blog en priorité absolue). Branché sur un vrai crawl de 502 pages et guidé par une grille de ce qu’est un bon audit, il a trouvé les vrais sujets : 500 pages sans canonical, 146 pages en 404 internes, 80 liens internes cassés, un sitemap incohérent, pour 2 à 5 € de coût. Joanny, consultant SEO, fait pareil avec ses exports Screaming Frog. La méthode reste humaine, l’IA accélère la production. On raconte l’expérience complète dans l’épisode audit technique SEO avec Claude Code.
✅ La checklist d’audit SEO
- HTTPS actif, une seule version du site (www ou non), redirections 301 propres
- robots.txt qui ne bloque rien d’important, sitemap XML déclaré dans la Search Console
- Rapport d’indexation lu, pages exclues comprises
- Crawl complet : 404, chaînes de redirections, liens cassés, pages orphelines
- Title, meta description et H1 uniques sur chaque page importante
- Canonicals cohérents, pas de doublons, filtres et pagination maîtrisés
- Core Web Vitals au vert sur mobile
- Données structurées valides
- Mots-clés des 3 meilleurs concurrents extraits et classés par intention
- Pages du top 10 et de la 2e page listées pour mise à jour
- Pas de cannibalisation sur les requêtes business
- Domaines référents comparés à ceux des concurrents, page par page
- Suivi de position branché sur les requêtes prioritaires
- Roadmap impact / effort validée
Vous voulez un vrai audit, pas un export d’outil ? SEO Monkey, l’agence d’Antoine (co-hôte du podcast, 15 consultants), réalise des audits SEO complets en quatre semaines, technique, sémantique, netlinking et tracking, livrés pilier par pilier avec une roadmap priorisée.
❓ Questions fréquentes
Combien de temps prend un audit SEO ?
Comptez au moins trois jours de travail complets pour un site moyen. Chez SEO Monkey, un audit complet se livre en quatre semaines, à raison d’un pilier par semaine.
Peut-on faire un audit SEO soi-même ?
Oui. Avec la Search Console, Screaming Frog (gratuit jusqu’à 500 URL) et la méthode de ce guide, vous pouvez auditer votre site. La difficulté n’est pas de trouver les erreurs, c’est de les prioriser.
Combien coûte un audit SEO ?
De zéro si vous le faites vous-même à plusieurs milliers d’euros en agence selon la taille du site. Méfiez-vous des prix bas pour un rapport épais : on a vu des exports automatiques de 30 minutes vendus 1 500 €.
À quelle fréquence faut-il refaire un audit SEO ?
Un audit complet par an suffit pour la plupart des sites, plus un contrôle technique après chaque refonte, migration ou chute de trafic. Le suivi de position, lui, se regarde chaque semaine.
Quelle différence entre audit SEO et audit technique ?
L’audit technique est un des piliers de l’audit SEO : il vérifie que Google peut explorer et indexer le site. L’audit SEO complet ajoute la sémantique, l’autorité et le tracking.
Claude Code peut-il faire un audit SEO ?
Il peut accélérer un audit, à condition de lui donner de vraies données (un crawl, la Search Console) et une méthode. Sans cela, il invente des problèmes et les priorise mal, comme l’a montré Kevin Richard dans le podcast.
🎯 Notre conclusion
Un bon audit SEO se juge à sa roadmap, pas à son nombre de pages. Technique d’abord, puis sémantique, puis autorité, et un tracking pour mesurer. Si vous ne devez retenir qu’une chose : chaque constat doit devenir une action datée, sinon l’audit finira dans un dossier.